La surpression pulmonaire, un terme familier pour tout plongeur, est l’un des accidents les plus graves que vous pouvez rencontrer sous l’eau. Ce barotraumatisme, causé par une différence de pression trop grande, entraîne fréquemment des complications respiratoires et peut, dans les cas les plus graves, être fatal. Avant de vous immerger dans une activité de plongée, il est crucial de comprendre ce phénomène et les mécanismes qui le sous-tendent.
La loi de Boyle-Mariotte et la sensibilité des poumons
Lorsque nous nous immergeons en plongée, nous rencontrons immédiatement des variations de pression. Nos poumons, bien qu’ils soient des organes robustes et résilients, sont sensibles à ces fluctuations. Selon la loi de Boyle-Mariotte (Pression X Volume = Constante), l’air inspiré en profondeur se dilate à la remontée. Si cet air n’est pas correctement expiré, il peut provoquer une dilatation excessive des poumons, aboutissant à une surpression pulmonaire.
La menace se cache même dans le peu profond
Notre tolérance à la différence de pression est estimée à environ 0,2 à 0,3 bar, ce qui équivant à une profondeur de 2 à 3 mètres. En d’autres termes, il est possible, et cela s’est déjà produit, de subir une surpression pulmonaire même en plongeant en piscine à une profondeur de -3,5 mètres, par exemple. Le danger est toujours présent, peu importe le lieu.
Les déclencheurs de la surpression pulmonaire
La surpression pulmonaire se produit lorsque l’air dilaté à la remontée ne peut pas s’évacuer assez vite des poumons. Plusieurs situations peuvent mener à cela: une remontée trop rapide, un blocage de la glotte, des maladies pulmonaires aiguës ou chroniques, ou un blocage volontaire ou involontaire de la respiration, notamment lors d’une remontée à deux sur un embout en cas de panne d’air. C’est généralement dans les 10 mètres sous la surface que ce phénomène survient.
Prévenir la surpression pulmonaire
Pour éviter une surpression pulmonaire, maintenez une respiration normale lors de la remontée, contrôlez votre vitesse et ne bloquez jamais votre respiration. Il est recommandé de regarder régulièrement vers le haut lors de la remontée pour permettre à l’air de s’échapper si nécessaire. N’oubliez jamais de plonger seulement si votre condition médicale le permet.
Reconnaître les symptômes de la surpression pulmonaire
Les symptômes de la surpression pulmonaire comprennent des difficultés respiratoires, des douleurs, des crachats rosâtres, une douleur thoracique, de l’angoisse, des convulsions, une cyanose, une accélération du pouls, et dans les cas les plus graves, un arrêt respiratoire. Si vous observez ces symptômes chez votre binôme, contactez immédiatement les secours.
Les conséquences possibles de la surpression pulmonaire
La surpression pulmonaire peut conduire à plusieurs situations critiques. L’air peut s’infiltrer dans le système sanguin, provoquant une embolie gazeuse cérébrale, s’accumuler entre les poumons et la plèvre, causant un pneumothorax, ou infiltrer d’autres organes, provoquant par exemple un emphysème sous-cutané. Quoi qu’il arrive, les conséquences sont toujours graves et il faut les éviter à tout prix.
Premiers secours en cas de surpression pulmonaire
En cas d’accident de surpression pulmonaire, la réaction immédiate est vitale. Placez la victime sous oxygène, mettez-la en position latérale de sécurité, et surveillez-la constamment. Si la victime est en arrêt cardiaque ou respiratoire, commencez la réanimation sans tarder. Lorsque les services de secours arrivent, ils entameront le traitement en caisson hyperbare et effectueront un drainage du pneumothorax si nécessaire. Prévenir reste toujours la meilleure solution.
